LexiqueÉtage 4 · L’Organisation
AI Act
Nº 029 · v2026-08EN : AI ActL’AI Act est le règlement européen qui encadre l’intelligence artificielle selon le risque de chaque usage : comme les règles de sécurité d’un bâtiment, plus strictes pour un ascenseur que pour une sonnette. Ce qu’il regarde, c’est l’usage, pas la technologie.
Ce que ce n’est pas
L’AI Act n’est pas une interdiction de l’intelligence artificielle, ni une liste de technologies autorisées. Il ne classe pas des modèles mais des usages : le même modèle peut relever d’exigences lourdes dans un contexte et de presque rien dans un autre, selon ce que la décision produite fait subir à une personne. Ce n’est pas non plus une version IA du RGPD, puisque l’un protège les personnes dont les données sont traitées, tandis que l’autre encadre la mise à disposition et l’emploi de systèmes, y compris quand aucune donnée personnelle n’est en jeu.
En profondeur
Le texte repose sur une idée simple : l’exigence croît avec ce que l’usage peut faire subir à une personne. Il en découle une échelle, d’une poignée de pratiques tenues pour inacceptables jusqu’à un vaste ensemble d’usages laissés libres, en passant par une catégorie encadrée où se rangent les emplois qui décident de l’accès à un droit, à un emploi, à un service ou à une sécurité. Entre les deux se glisse une exigence transversale de transparence, qui vise à ce qu’une personne sache quand elle parle à une machine ou regarde un contenu produit par une machine. Le champ suit l’usage sur le marché européen plutôt que la nationalité de celui qui fournit le système : c’est la destination qui commande, pas l’adresse du siège.
La deuxième mécanique du texte est la répartition des rôles le long de la chaîne. Celui qui conçoit un système et le met à disposition ne répond pas de la même chose que celui qui l’emploie dans un contexte concret : au premier revient ce qui relève du produit et de sa documentation, au second ce qui relève de l’emploi réel, c’est-à-dire l’information des personnes, la surveillance humaine et le suivi dans la durée. Ce partage explique pourquoi la conformité annoncée par un fournisseur ne referme jamais la question pour l’organisation qui déploie. Un contrat peut organiser des recours entre les parties, il ne déplace pas une responsabilité que le texte attache à un rôle. Ce rôle peut d’ailleurs changer : reprendre un système à son nom ou le modifier substantiellement fait basculer d’une position à l’autre.
Il est plus utile de lire ce que le texte cherche à obtenir que de chercher une liste de gestes à accomplir. Il cherche trois choses : qu’une organisation puisse expliquer comment un système se comporte et sur quoi il a été construit, qu’il reste possible de reconstituer ce qui s’est passé quand une décision est contestée, et qu’une personne dotée des moyens de comprendre puisse intervenir là où l’enjeu le justifie. Les pièges tiennent le plus souvent à trois confusions : croire que la conformité est un état obtenu une fois, alors qu’un usage dérive et qu’un système évolue ; croire qu’un usage strictement interne échappe au dispositif, alors que les emplois qui touchent les salariés comptent parmi les plus encadrés ; croire enfin qu’un outil conforme rend conforme l’usage qu’on en fait. La dernière est la plus coûteuse, parce qu’elle donne le sentiment d’avoir traité la question.
Relations le graphe local
- Requiert
- tracehuman in the loop
- Souvent confondu avec
- RGPD et IAgouvernance IA
Vérifier 3 questions · cliquez votre réponse
Niveau 1 · Reconnaître
Une entreprise emploie un système d’IA pour présélectionner les candidatures reçues à une offre d’emploi. Qu’est-ce qui détermine le niveau d’exigence appliqué ?
Niveau 2 · Distinguer
Un fournisseur affirme que son système est conforme. Que reste-t-il à l’organisation qui l’emploie ?
Niveau 2 · Distinguer
Quelle affirmation décrit correctement le périmètre du texte ?
Lexigraph, « AI Act », v2026-08, https://lexigraph.org/fr/ai-act, CC BY 4.0.